Suites numériques : définition, types et limites
Le résumé
Comprendre le cours
Les suites numériques sont des listes ordonnées de nombres, définies par une formule ou une règle de récurrence. Deux types fondamentaux sont les suites arithmétiques (ajout d'une raison constante ) et géométriques (multiplication par une raison constante ). Leurs formules explicites sont et , respectivement. L'étude de leur convergence vers une limite finie ou infinie est cruciale, aidée par les théorèmes de comparaison et des gendarmes. Les formules de somme des premiers termes sont pour les arithmétiques et pour les géométriques (si ).
Avant de commencer
Prérequis
Maîtrise des fonctions numériques et de leur représentation graphique.
Notions de base sur les inégalités.
Compréhension des ensembles de nombres (entiers naturels, réels).
Le plan
Structure du cours
- 1
Introduction aux Suites Numériques
Définition d'une suiteModes de génération d'une suiteReprésentation graphique d'une suiteUne suite est une fonction dont l'ensemble de définition est l'ensemble des entiers naturels (ou un sous-ensemble commençant à un certain entier).
Les suites peuvent être définies par une formule explicite, une relation de récurrence, ou une description verbale.
La représentation graphique permet de visualiser la croissance ou la décroissance de la suite et ses éventuelles limites.
- 2
Suites Arithmétiques
Définition et formule expliciteSomme des premiers termesUne suite arithmétique a une raison constante qui est ajoutée à chaque terme pour obtenir le suivant.
La formule explicite est (ou selon le premier terme considéré).
La somme des premiers termes (de à ) est .
- 3
Suites Géométriques
Définition et formule expliciteSomme des premiers termesUne suite géométrique a une raison constante qui est multipliée à chaque terme pour obtenir le suivant.
La formule explicite est (ou ).
La somme des premiers termes (de à ) est si .
- 4
Convergence des Suites
Limites finies et infiniesOpérations sur les limitesThéorèmes de comparaison et des gendarmesUne suite peut converger vers une limite finie ou diverger vers ou .
Des règles précises existent pour calculer la limite d'une somme, d'un produit, d'un quotient de suites.
Les théorèmes de comparaison et des gendarmes permettent de déterminer la limite d'une suite en la“coincant” entre deux autres suites dont la limite est connue.
À retenir
Notions clés
Suite Numérique
À mémoriserUne fonction de (ou un sous-ensemble de ) vers . On note généralement ou . Le terme est appelé le terme général de la suite.
La suite définie par pour tout a pour premiers termes : , , , ...
Suite Arithmétique
À mémoriserUne suite est arithmétique s'il existe un nombre réel (la raison) tel que pour tout entier naturel , . La formule explicite est .
La suite définie par et est une suite arithmétique de raison . Son terme général est ().
Suite Géométrique
À mémoriserUne suite est géométrique s'il existe un nombre réel (la raison) tel que pour tout entier naturel , . La formule explicite est .
La suite définie par et est une suite géométrique de raison . Son terme général est ().
Limite d'une Suite
À mémoriserOn dit qu'une suite a pour limite (finie) si les termes s'approchent aussi près que l'on veut de dès que devient suffisamment grand. On note . Si les termes dépassent toute valeur réelle positive dès que est assez grand, on dit que la suite a pour limite ().
Pour , . Pour ,
En pratique
Exemple résolu
Une entreprise fabrique un produit. Le coût de production du premier jour est de 1000€. Chaque jour, le coût de production augmente de 50€. De plus, le prix de vente de chaque produit est de 15€. Le coût de production augmente-t-il plus vite que le prix de vente ? On suppose que le nombre de produits fabriqués est le même que le nombre de produits vendus chaque jour, et que le nombre de produits fabriqués/vendus chaque jour est égal au numéro du jour (jour 1 : 1 produit, jour 2 : 2 produits, etc.)
- 1
Modéliser le coût de production : Soit le coût de production du n-ième jour. est une suite arithmétique avec et une raison . Le coût total pour le n-ième jour est car on fabrique et vend n produits. Ce modèle est incorrect car le coût de production augmente de 50€ par jour, pas le coût par produit. Reprenons : Le coût total de production du jour est la somme des coûts journaliers. Soit le coût de production du jour . est une suite arithmétique : et . Donc . Le profit du jour est . Le chiffre d'affaires du jour est . Donc . Ce calcul semble présenter un problème dans la compréhension de l'énoncé initial. Reformulons la compréhension: Le coût de production initial est de 1000€ pour le premier jour. Chaque jour, ce coût journalier augmente de 50€. Le prix de vente par produit est de 15€. Imaginons qu'on fabrique un seul produit par jour. Le profit journalier (ou perte) serait alors . La question porte sur la croissance des coûts, pas sur le profit. Comparons la croissance du coût de production total et du chiffre d'affaires.
- 2
Correction de la modélisation : Soit le coût de production du jour . est une suite arithmétique avec et raison . Donc . Le chiffre d'affaires total du jour , si on vend produits à 15€ l'unité, est . La question est de savoir si la croissance de est plus rapide que celle de . La croissance de est une augmentation constante de 50€ par jour. La croissance de est une augmentation de 15€ par produit vendu, donc pour le jour , elle augmente de 15€ par rapport au jour , mais le terme lui-même croît de manière linéaire.
- 3
Analyse de la croissance : Le terme . C'est une fonction linéaire de . Le terme . C'est aussi une fonction linéaire de . Le coefficient directeur (la pente) pour est 50, et pour il est 15. Puisque 50 > 15, le coût de production (par jour) augmente plus rapidement que le chiffre d'affaires (si l'on produit/vend 1 produit par jour).
- 4
Résultat : Le coût de production journalier augmente à un rythme plus soutenu (50€ par jour) que le chiffre d'affaires dans le cas d'un produit vendu par jour (15€ par jour). Si l'on produisait et vendait produits le jour , le chiffre d'affaires serait . Ici encore, la croissance de est plus rapide.
- 5
Erreur d'interprétation fréquente : On pourrait penser que le coût par produit augmente, mais l'énoncé dit que le coût de production augmente. Si le coût de production total du jour est , alors le coût par produit le jour serait . Dans ce cas, la comparaison serait différente.
Mémoriser plus vite
Astuces & analogies
Suite Arithmétique
Pensez à une 'addition' répétée. Comme monter un escalier marche par marche, où chaque marche a la même hauteur (la raison ).
Suite Géométrique
Pensez à une 'multiplication' répétée. Comme voir des bactéries se multiplier par deux chaque heure (raison ), ou comme les intérêts composés qui 'bouclent' sur eux-mêmes.
Convergence d'une suite
Imaginez que vous vous approchez d'une cible. Si vous faites des pas de plus en plus petits, vous finirez par être extrêmement proche de la cible (convergence vers une limite finie ). Si vos pas deviennent de plus en plus grands dans la même direction, vous vous éloignez indéfiniment (divergence vers ).
Ne plus se tromper
Erreurs fréquentes
Confondre une suite arithmétique et une suite géométrique.
Une suite arithmétique 'ajoute' une quantité fixe à chaque étape (). Une suite géométrique 'multiplie' par une quantité fixe à chaque étape (). Faites attention au signe de l'opération.
Utiliser la formule de la somme des termes d'une suite géométrique pour une suite arithmétique, ou inversement.
La formule de la somme des premiers termes d'une suite arithmétique est . Pour une suite géométrique (avec ), c'est .
Erreur dans l'identification du premier terme ( ou ) dans les formules explicites.
Il faut être attentif à la manière dont la suite est définie. Si elle commence à l'indice 0 (), la formule explicite est (arithmétique) ou (géométrique). Si elle commence à l'indice 1 (), les formules deviennent et .
Se tester
Flashcards
Cliquez sur une carte pour révéler la réponse.
Continuer à réviser
Espaces Vectoriels : Généralités et Applications
Les espaces vectoriels sont des ensembles dotés d'une addition et d'une multiplication par un scalaire, obéissant à des règles précises (axiomes). Les...
Fonctions : concepts, propriétés et analyse M2
Le chapitre sur les fonctions en Master 2 consolide et approfondit les notions fondamentales de l'analyse. Il démarre par une définition rigoureuse de...
Composition et dérivation de fonctions
Ce chapitre explore la composition de fonctions, où l'on applique une fonction au résultat d'une autre ($$(f \circ g)(x) = f(g(x))$$). Il révise ensui...



